Chapitre I, Partie I
*Vers le Prologue, Partie III*
Quelqu’un ouvrit la porte, une jeune fille entra. Tout en légèreté, elle vint vers la bibliothèque et se saisit un livre. Enfin elle s’assit face à la cheminée et de cette manière tournait le dos à la fenêtre. Elle était de légèrement plus grande que les filles de son age, son visage était auréolé de cheveux bruns dorés qu’elle portait aujourd’hui noué en chignon.
Elle s’appelait Eleonaure. Elle était la fille unique d’un grand noble d’Emera.
Elle tenta encore une fois la manipulation magique décrite sur le livre. Elle se concentra. Ses yeux se fermèrent ses lèvres remuèrent mais ses épaules s’affaissèrent. Un soupir franchit ses lèvres rosées :
« J’ai encore échoué. Cela devient désespérant ! Pourtant maman y arrivait… »
Son cœur se serra. Cela faisait maintenant 10 révélations que sa mère n’était plus. Eleonaure descendait de la lignée de Lymicia et était la dernière de toutes les tueuses des Dragons Millénaires Eveillés. De ces batailles étaient nées un culte, qui avait sombré dans l’oubli après de très nombreuses révélations.
Eleonaure soupira, elle sortit de sous sa robe le pendentif couleur jais et le regarda pensivement.
« Il faut que j’y retourne. »
Elle se leva prestement, remit le livre à sa place, ferma la porte et sortit de la pièce. En descendant une volée de marche, elle pensait qu’elle avait de la chance de pouvoir sortir à toutes heures du jour. Elle sourit. Eleonaure arriva dans la cour et se dirigea vers les écuries. Pensive, elle s’occupa de sa jument favorite.
« On avait bien raison de t’appeler Crème. »
Sa jument était aussi blanche que du lait. Elle la fit sortir de son box, monta en amazone. Elle se mit bien droite sur sa selle et fit avancer sa jument doucement pour ne pas gêner la foule des personnes qui venaient au château voir son père ou les personnes qui travaillaient ici. Elle salua le garde qui surveillait la porte ouest avant de partir au petit galop flattant de la voix sa monture et accéléra l’allure en obliquant sur le sud. Elles passèrent sur une petite colline. « Le vent se lève. Il fera frais ce soir. »
Elles continuèrent ainsi jusqu’à l’orée d’un petit bois, peu engageante car cela faisait bien longtemps que plus personne ne s’en occupait. Ses mains se refermèrent sur les rênes de sa monture, la faisant ralentir.
« Doucement, n’affolons pas les esprits. »
Chuchota t elle en flattant l’encolure de Crème.
Elle se fit toute petite sur sa selle. Elle tenait sa peur des esprits hantant ce petit bois des nombreux soldats qui lui racontaient, quand elle était petite, des histoires de fantômes pour l’effrayer. Lorsqu’elles arrivèrent dans une clairière, Eleonaure ne put s’empêcher de pousser un soupir de soulagement. Elle mit pied à terre, attacha sa jument à une branche basse et regarda le monument auquel elle faisait face. Monument était grand mot pour décrire la taille du bâtiment. C’était en fait une petite construction de pierre blanche sur laquelle le lierre et les ronces avaient pris la domination. Eleonaure s’agenouilla et récita une brève prière pour ses ancêtres. Elle se leva et gravit les quelques marches la séparant de l’intérieur. Elle prit une profonde respiration et entra. L’unique pièce du temple n’était pas éclairée. Eleonaure s’éloigna de l’entrée pour y laisser pénétrer la lumière. Elle se tenait face à un autel que des hommes avaient érigé, il y a plus de deux cents révélations en l’honneur des tueuses de Dragons. Elle regarda avec admiration les fresques et les peintures relatant leurs histoires. Songeuse, elle se remémora les paroles de sa mère au sujet d’un second temple similaire, édifié pour une autre famille. Sa mère ne lui avait jamais révélé le secret de la position de ce jumeau, et à chaque venue, Eléonaure s’intererrogeait. Elle sortit de sa robe le pendentif et s’avança à petit pas de l’autel. Il y avait été gravé un magnifique Dragon. Elle approcha son pendentif de l’œil. Il y entrait parfaitement. Sa mère avait toujours supposé que c’était la larme du Dernier Dragon. Avec un bruit caractéristique l’autel se déplaça sur la droite dévoilant ainsi des marches. Elle sourit. Personne, à part les femmes de sa famille, ne connaissait l’existence de cette cachette. Elle saisit la torche qu’elle avait laissée la fois précedente et descendit.
*à venir : Partie II, lundi 27/04*