Chapitre III, Partie IV
Eleonaure ouvrit la porte sans avoir frapper. Elle trouva son père occupé à lire un grand parchemin. Elphisi adressa un sourire à sa fille après l’avoir invité à s’asseoir. Elle lui fit le même récit qu’à Arthrys. Il enregistra la demande de reboucher la faille. Il promit de s’en occuper le plus rapidement possible. Eleonaure était toujours préoccupée par l’absence totale de servantes et cuisiniers à la cuisine, elle posa la question à son père.
« C’est Dransis qui a décidé de faire une grande réunion pour les prévenir de l’arrivée prochaine de deux personnes importantes venant de Keilai-neres, qu’il faut traiter en conséquence. Nous les recevrons pour le dîner de demain soir. Je tiens à ce que toi et Arthrys soient présent. »
« Mais pourquoi tant de préparatifs ? » Les épaule d’Elphisi s’affaissèrent, il soupira.
« Une grande armée est en marche vers notre territoire. Nos deux territoires étant frontaliers, le seigneur de Keilai-neres a dépêché deux conseillés pour préparer notre riposte. » Eleonaure fut abasourdi par cette nouvelle. Depuis de très nombreuses révélations il n’y avait pas eu de guerre sur Emera. Elle promis de prévenir Arthrys et d’être prête pour le lendemain soir.
En sortant de la pièce, elle récupéra son panier et décida, tout en marchant vers sa chambre d’ouvrir son cadeau. En enlevant précautionneusement le papier, elle découvrit une petite gourmette faite de maillons couleur bronze. En arrivant devant un flambeau et portant la gourmette à ses yeux, elle vit qu’à l’intérieur de chacune des mailles de petites pierres transparentes brillait d’un éclat qui la surprit. Elle le mit à son poigné droit. Il lui allait parfaitement. « Comme s’il avait était fait pour moi ! » Sa fatigue s’envola devant un si joli présent. Elle prit un bain rapide et se mit au lit pour s’endormir aussitôt. Une lumière jaune l’enveloppa : elle rêvait…
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Je suis sur un cheval bai. Sa crinière flotte au vent. Je retins difficilement un cri. Au loin, j’aperçois un attroupement. En fait c’est une armée. Puissante. Les hommes qui la composaient étaient pour la plupart à pied. Ils portent de lourdes armures noires ruisselantes dans la lumière couchante de Noteros. Ils frappaient tous leurs épées sur leurs cuisses. Je déglutis difficilement lorsque mon regard se porta sur ma main droite. Je tenais une épée. Pas n’importe laquelle, Thiris. A mon poigné luisait faiblement ma gourmette. Elle me rassura. Ma tête se tourna sur ma gauche et je vis alors que je n’étais pas seule. Un garçon se tenait droit sur un cheval noir tacheté de blanc. Il tournait la tête vers moi. Il avait des cheveux bruns, une mèche lui descendait jusqu’à l’œil droit et un cerceau d’or enserrait son front. Une pierre verte était sertie au centre de cette sorte de jonc géant. En relevant sa main pour brandir son épée sa longue manche révéla son poigné. Il arborait un tatouage que je n’avais jamais vu auparavant. Le motif représentait un triangle auquel à chaque pointe se trouvait un signe étrange. Il me demanda de réciter une prière de protection pour nous deux et … Non, je ne veux pas, je ne veux pas attaquer !
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Eleonaure se réveilla en sursaut. Elle étreignit son pendentif ce qui la rassura. Elle se recoucha sans ne plus faire aucun rêve. Les rayons de lumière clairs pénétrèrent dans sa chambre. Un rayon lui toucha les yeux. Elle s’en détourna mais finit par se lever tout de même. Elle fit une toilette rapide et s’habilla de manière simple, une petite robe rouge en coton épais avec une jolie ceinture. La jeune fille se mit à sa fenêtre et regarda Riola.
Emera était ensoleillée par trois étoiles. La première s’appelait Riola. Elle diffusait une lumière blanche et douce. Ses rayons réchauffaient quiconque se voyait touché. Toutes les fleurs s’éveillaient à son contact. La seconde, se nommait Drepanes, qui voulait dire la « Faux », dans l’ancienne langue, car personne ne pouvait travailler sous sa chaleur accablante. Lorsque Drepanes se levait, Riola partait se cacher derrière les montagnes de l’Est. Avant de disparaître, Drepanes associait sa brûlante lumière à celle de Noteros, « celle qui vient du sud ». Comme son nom l’indique, Noteros se levait au Sud plus loin que le puissant fleuve séparant Pidekos de Tir na nog. Noteros éclairait au loin Keilai-neres avant de se coucher. Du moins c’est ce que Eleonaure pouvait voir depuis Manteion.
Eleonaure se détourna et partis à la recherche d’Arthrys. Elle le trouva devant la porte de la cuisine principale en train de parler avec l’un des surveillants de garde ce jour là. Elle attendit qu’ils finissent leur conversation pour les aborder. Le garde fût surprit de trouver la châtelaine ici, il fit une rapide courbette et partit à son poste. Arthrys retient un rire. Eleonaure le prévint que son père le demandait à sa table pour le repas de ce soir. Il ne posa pas de question et promit d’être présent. Puis la jeune fille décida de partir au sanctuaire pour étudier la magie. Elle prépara au plus vite Crème. Le fait d’avoir parlé à Arthrys lui rappelait la menace pesant aux frontières de Pikedos. Elle était encore bouleversée lorsqu’elle y arriva. Elle n’attacha pas sa jument à une branche basse, la laissant brouter de tout son soûl. Elle pénétra dans l’unique pièce et fit mouvoir la stèle protectrice. En se concentrant sur le flambeau qu’elle avait laissé, elle réussit à l’allumer. Eleonaure était fière de son tour de passe-passe réalisé dans un tel état d’agitation mentale.
Pour se calmer, elle décida de lire un passage du Livre. Elle choisit le tout premier combat de Lymicia. Les mots écrit d’une main sûre et déliée retranscrivaient d’une manière merveilleusement détaillée le combat, de son arrivée à la mise à mort du Dragon. Eleonaure fut surprise par un détail : la manière dont Démesis, la grand-mère de Daurys, avait aidé à tuer l’Eveillé. Elle avait utilisé des flèches particulières mais le Livre ne précisait pas en quoi. Tout en replongeant dans sa lecture, Eleonaure eu un sursaut. Elle allait être en retard. Elle referma le Livre d’un geste sec, le rangea précipitamment sortit en trombe du sanctuaire. Ne jetant qu’un simple coup d’œil à sa fermeture.
Eleonaure reprit sa jument qui n’avait quasiment pas bougeait de sa place, monta en selle et partit vers les remparts de Manteion. Lorsqu’elle arriva, Eleonaure remarqua une légère modification dans l’allure de Crème. Ne voulant prendre aucun risque, elle amena sa monture au maréchal-ferrant qui restait en permanence au château. Il lui conseilla de montait se préparer et qu’il enverrait un page la prévenir de l’état de sa jument. Elle monta à toute vitesse les escaliers menant à sa chambre, mais s’arrêtant un instant devant le portrait de sa mère. Ses longs cheveux avaient été ramenés en une tresse lâche. Le peintre avait su rendre, grâce aux jeux de lumière, les reflets des ses yeux bleu. Quelques mèches encadraient son visage ovale à la peau blême.
Eleonaure rentra en trombe dans sa chambre. Arthrys l’attendait déjà dans son petit boudoir. D’un geste, elle s’excusa et partit vers la salle d’eau. Ses servantes l’attendaient. Pendant que l’une lui lavait les pieds, une autre ramenait ses cheveux en un chignon serré. Elle passa vivement la robe qu’on lui tendait. L’une d’entre elles lui ajusta la ceinture dorée accentuant les nombreux replies du bas de sa robe. Ainsi vêtue, elle sortit.
Accompagnée d’Arthrys elle descendit vers la salle de réception. Aucun des hôtes attendu n’était arrivé. Eleonaure se détendit. Elle n’en eu pas réellement le temps car le majordome en faction devant la porte annonça les visiteurs. Eleonaure se redressa. Le premier était vêtu d’un simple ensemble vert sombre, une autre personne l’accompagné. Elle fut stupéfaite. « Mais c’est…
*la suite demain !*