Chapitre III, Partie II
Eleonaure se leva au plus tôt, une longue matinée l’attendait. Elle prépara avec attention Crème. Elles partirent vers l’est, dans la contée de Crilia. Elles galopèrent une bonne partie du trajet. Elles arrivèrent peu après midi. Lorsqu’elle décida de descendre de sa monture. Il sortit de la petite maison trois enfants, un garçon et deux filles. Le petit s’approcha doucement de Crème, n’osant pas la toucher. Elle poussa un faible hennissement encourageant, le petit garçon s’enhardit et commença à lui caresser le bout du nez. Les petites filles se précipitèrent pour imiter leur frère. Eleonaure se mit à rire et leurs parents, arrivant à ce moment là, plaisantèrent avec elle.
Le père ordonna à ses enfants de mener Crème à une petite écurie et les suivit. Sa femme, qui s’appelait Miranda. Elle avait les cheveux noirs et ondulés qui retombait sur ses épaules rondes. Elle proposa à Eleonaure de s’asseoir mais celle-ci refusa. Apres avoir passé toute une matinée assise, elle avait besoin de se détendre en étant debout. Miranda la regarda en la souriant.
« Vous ressemblez tant à votre mère. Elle était si jolie. »
Eleonaure la regarda surprise. Elle s’attendait à tout sauf à ce genre de remarque.
« Oui, vous lui ressemblez vraiment. J’étais sa dame de compagnie personnelle avant que… » Sa gorge se serra.
« Je suis vraiment désolé qu’elle soit morte ainsi, si jeune… ».
Elles se regardèrent. Son mari arriva au moment où la tension était la plus palpable.
« Venez, je vais vous montrer. » Ils sortirent de la petite maison de chaux blanche.
« Je tiens à dire que les animaux n’ont plus un comportement normal ; c’est comme s’ils faisaient tout à l’envers. »
Ils venaient de s’arrêter face à un grand fossé. Eleonaure se pencha au-dessus, mais elle n’arriva pas à voir le fond. Elle frémit. Le mari de Miranda se retourna vers elle.
«J’aimerais que vous préveniez votre père. Il faudrait faire combler ce trou au plus tôt. »
Elle hocha la tête, les assurant qu’elle ferait de son mieux.
« Heu… j’aimerais vous demander une prière de protection. C’est surtout pour cette raison que nous vous avons fait demander. »
Elle fut surprise, des gens se souvenaient ils encore des anciennes légendes ? Elle ne connaissait aucune prière de protection, elle n’en avait pas encore apprise. Elle prit une grande inspiration. Eleonaure s’agenouilla, elle vit que la famille au grand complet avait fait de même. Elle écarta ses bras, ferma les yeux et… elle se mit à chanter une prière qu’elle ne connaissait pas. Un faible halo lumineux se forma autour de son corps. Son couplet qui n’était qu’un murmure se transforma en une complainte. Eleonaure n’en revenait pas. Cette chanson ressemblait à celle que lui chantait sa mère avant de la coucher. Elle se releva. Tous la regardaient souriant. Miranda chuchota quelque chose à son fils. Il courut vers la maison et ressortit avec un joli panier un osier. Miranda le tendit pendant qu’Eleonaure montait sur Crème.
« C’est pour vous remercier. Ce sont quelques fruits et un cadeau. »
Eleonaure les remercia chaleureusement et partit en direction de son château.