Chapitre II, Partie I
*vers le chapitre 1*
*vers la page d'accueil*
Eleonaure releva brusquement la tête à l’annonce du titre de sa famille : Tueuses de Dragons… . Cela faisait très longtemps que ce titre n’avait été prononcé à cette table. Elle repensa aussitôt à sa mère qui lui avait raconté de nombreuses fois l’histoire de sa famille.
A l’attaque du premier Dragon Eveillé, Lymicia, la grand-mère de Laura, était apparue sur les lieux des exactions du Dragon. Elle était arrivée à dos de son daimon qui s’était transformé en une licorne couleur argent. Elle avait fait forger Thiris, l’épée légendaire, après ce combat épique. L’épée avait la particularité d’être un mélange des trois ors. Cette épée était encore dans la salle secrète du sanctuaire. A l’aide de ses pouvoirs magiques et d’une amie, nommée Démesis, elle tua le Premier Eveillé. Ainsi, durant trois générations, leurs filles et petites filles se battirent sans relâche contre la menace des Dragons Elémentaires. Après la fin des attaques leur savoir s’était peu à peu perdu.
Personne ne remarqua la surprise imprimée dans les yeux d’Eleonaure, elle attendit patiemment la suite, oubliant complètement son assiette et n’avait plus d’yeux que pour Lenaik.
« Mais pourquoi évoquer ce titre qui n’a aucune utilité depuis de nombreuses révélations ? »
« Si nous référons aux anciens écrits, les présages sont les même qu’avant l’attaque du Premier Eveillé »
« Mais mes ancêtres les ont tous tué ! »
Eleonaure avait répondu sans en obtenir l’autorisation. Dransis lui lança un regard noir, son père se contenta de froncer les sourcils. Lenaïk quant à lui sourit et reprit la parole.
« Oui c’est ce que l’on a suppose après la dernière attaque. Mais rien ne nous dit que d’autres dragons n’existeraient pas… . »
« C’est ce que narre les anciens écrits » répondit Elphysi « Ils y auraient d’autres Dragons beaucoup plus grands que les Eveillés. Et plus puissants » Il sourit « Ce ne sont que contes pour enfants, personne n’y croit » Il regarda sa fille et ajouta « Vous savez, certains disent que ces Dragons garderaient d’immenses portes derrière lesquels se trouveraient un endroit pire que l’enfer. »
« Des histoires pour les enfants pas sages ! » Soupira Dransis.
« Ma province y croit, ainsi que tous ce qui ont été élevés là-bas » dit Lenaïk, « mais nous avons réellement besoin de la dernière de cette prestigieuse lignée. »
Eleonaure se sentit rougir heureusement le hale qu’elle arborait depuis ses longues promenades l’en protégeait quelques peu.
« Ma fille n’a jamais été entraînée à ces fins » dit posément son père. On sentait néanmoins que sa voix était montée d’un ton. « Et elle ne le sera jamais. Vous ne pouvez pas l’emmener avec vous, ni la pousser à suivre un entraînement périlleux sous prétexte que les oiseaux de Kelai-neres ne chantent plus. »
« Mais… . »
« Il est inutile de continuer, ce serait un suicide de l’envoyer se battre. »
Lenaik poussa un soupir discret. Le repas continua dans le plus grand silence.
Lorsqu’Eleonaure se déshabilla pour se mettre au lit, elle prit la décision de continuer à apprendre les techniques de défense puis d’attaque de magie.
‘On ne sait jamais, on pourrait avoir besoin de moi.’
Malgré la peur qui lui tirallait le ventre elle s’endormit le sourire aux lèvres.
Ainsi, le lendemain et les jours suivants, elle se rendit au sanctuaire afin de s’isoler et s’entraîner. Elle parvint ainsi à améliorer ses capacités. Le fait que des gens innocents puissent mourir à cause de sa non maîtrise des dons inscrits au plus profond de son être lui insuffla une nouvelle énergie d’apprentissage. Après trois semaines Eléonaure réussit à maîtriser les incantations de protection basique. Elle ne maîtrisait pas encore parfaitement les incantations de soin quand son père la fit demander un début d’après midi pluvieux.