Chapitre II, Partie II

Publié le par Méréthide

Il la fit entrer dans son bureau personnel, son bureau prenait quasiment toute la place de la pièce. Un lustre éclairait légèrement la scène. Devant son père se tenait d’énormes liasses de papiers. Il demanda à Dransis de sortir.

« J’aimerais savoir pourquoi tu t’absentes si longtemps. Tu devrais être plus présente. J’ai besoin de toi ici, dit-il en poussant un soupir, où vas-tu quand tu sors ? »

Eleonaure pris une profonde inspiration, essaya de ne pas paraître inquiète.

« Je me promène avec Crème, nous visitons nos terres. » Elle sourit « nous ne faisons rien de mal, vous savez. »

Elphysi leva les yeux au ciel espérant y trouver un secours quelconque pour répondre de ses inquiétudes :

« tu m’inquiètes, tu parais absente par instant. Tu n’es pas malade au moins ? »

Elle secoua la tête négativement. 

« C’est parfait, tu vas pouvoir reprendre ton entraînement de tir à l’arc. Maintenant tu devrais y arriver à cheval, n’est-ce pas ? »

Eleonaure fit une petite moue en apprenant qu’elle devrait reprendre l’apprentissage de l’arc. Mais elle l’effaça aussitôt en repensant à son professeur.

« Je ne sais pas encore. Je n’ai jamais eu l’occasion d’essayer. »

            Elle monta dans sa chambre et découvrit sur son lit une tenue neuve, présent de son père apparemment. C’était une robe verte foncée avec des reflets bleus. Elle décida de l’essayer aussitôt. Cette tunique était coupée à mi-cuisse et partait en pointe sur sa jambe gauche. Elle remarqua deux accessoires posés à coté.  Le premier était une dague à la lame en courbe. Elle était assez courte par rapport à celle qu’elle avait pu déjà voir. Le second objet était une pièce de wilf pour son sein gauche, afin de se protéger lors du tir.

« Papa aura pensé à tout. »

            Elle descendit dans la cour centrale, vêtue de sa nouvelle tenue, entra dans l’armurerie, prit son arc et partit en direction du champ d’entraînement. En arrivant, elle reconnut son professeur de tir à l’arc. Elle trouvait sa présence agréable car il ponctuait fréquemment ses leçons par des bizarreries qu’il avait rencontré. Elle le connaissait depuis toute petite. Il avait seulement quelques révélations de plus qu’elle.

« Bonjour, Arthrys. Par quoi commençons-nous ? »

« Bonjour Eléonaure. Cela va faire un long moment que je ne vous ai pas vu vous entraîner. Nous allons commencer par vérifier votre équipement. »

Il jeta un coup d’œil de bas en haut. 

« Votre arc est trop petit, il va falloir le changer très rapidement. Vos bottes sont aussi dans un bien triste état. » Il soupira « Vous vous promenez souvent en ce moment n’est ce pas ? »

Elle rougi, et hocha seulement la tête.

« Bien faisons un exercice simple pour vous échauffer. Tirez sur cette cible, elle est assez pr… ».

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que deux flèches partirent coup sur coup. Eleonaure abaissa son bras et fit face à son professeur.

«  Alors ? »

« Je... je suis impressionné, depuis quand sais-tu faire ça ? »

Il devait être content pour sortir de son rôle d’éducateur en la tutoyant. Eléonaure sourit encore plus.

«  Je me suis entraînée lors de mes ballades. Pouvons-nous commencer à s’entraîner à cheval ? »

« Oui, bien sur. Mais avant tu ne voudrais pas essayer sur cette cible ? »

Elle hocha la tête. Elle inspira profondément pris deux flèches dans sa main droite, plaça la première, banda l’arc. La deuxième partit seulement quelques battements de cœur après. La première se fixa en plein dans la cible. La seconde se ficha devant la cible.

Arthrys la regardait, elle avait l’air abattu. Elle attendit son verdict. 

«  Je suis rassuré, il me reste quand même des choses à vous apprendre. »

Il lui sourit. Puis parlant à voix haute : 

« començ… » une forte pluie s’abattit sur eux. « J’ai bien peur que nous devions remettre cela à plus tard, Mademoiselle. Si vous attrapez froid votre père, me tuera. »

Ils se mirent à rire et partirent en courant vers le château.

La première servante qu’ils rencontrèrent poussa un cri horrifié. 

« Mademoiselle vous allez tomber malade, allez dans votre chambre, nous vous y préparerons un bon bain et du feu dans votre cheminer. »

« Je croyais qu’il était interdit d’allumer les feux qu’en cas de grands froid ou à l’approche de neige ? »

« Oui mais être fille de seigneur a des avantages. Voulez-vous profiter de ce feu un moment avec moi ? »

« Bien sur, c’est une de ces invitations que l’on ne peut refuser. »

            Ils arrivèrent dans sa chambre, et en bonne hôtesse, Eléonaure lui proposa le fauteuil le plus proche du feu.

«  Etes-vous bien installé ? »                             

« Très bien. Quand veux-tu commencer à tirer à dos de Crème ? » 

Lorsqu’ils étaient en intimité, comme maintenant, Arthrys se permettait de la tutoyer car il se considéré comme son frère aîné.

«  Le plus vite sera le mieux. »

« Mais depuis quand veux-tu t’améliorer à l’arc ? Tu n’as jamais aimé cela. »

 « Cette question n’a pas besoin de réponse, si je veux apprendre j’apprendrais! »

« Mademoiselle Eléonaure, votre bain est près. »

Il se leva alors et s’inclina. Ils se saluèrent alors qu’elle le raccompagnait à la porte de ses appartements. Elle referma derrière lui la porte et partit prendre son bain.

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Publié dans Chapitres

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